NOUVELLES ACQUISITIONS 2026 :
Découvrez la sélection des œuvres acquises par le Frac DELTA
© Lerato Shadi, Seriti Se, 2015 – en cours. Installation participative et performance, peinture noire et blanche, pinceaux, rouleau, bac, dimensions variables
En avril 2026, le comité technique d'acquisition du Frac Delta s'est réuni pour étudier les propositions des membres du comité, ainsi que 56 candidatures spontanées d'artistes et collectifs régionaux, nationaux et internationaux. Suite à la délibération, 9 artistes ont été retenu·e·s, donnant lieu à l'acquisition de 22 œuvres qui témoignent de choix attentifs aux récits qui interrogent les rapports entre l’histoire, les corps, le Vivant, les rêves et le rôle des institutions.
À travers des œuvres qui mobilisent aussi bien la sculpture, la peinture et la vidéo, que des protocoles participatifs, cette sélection affirme un intérêt marqué pour des pratiques où les gestes, les matériaux et les récits portent une charge politique et sensible, en particulier autour des questions de mémoire collective, d’histoire populaire et de récits invisibilisés.
Les acquisitions :
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JULIEN CREUZET
La chiromancie des eaux désirées (Charente), Représentation d’une hélice fabriquée par Naval Group. Silhouette d’une des premières représentations de la patate douce par un Européen, André Thevet, historiographe et cosmographe du roi, dans sa « Cosmographie universelle » 1575. Silhouettes de poissons volants inconnus dessinés dans la « Cosmographie Universelle d’André Thévet » 1575. Représentation d’un filigrane sur un papier fabriqué par une ancienne papeterie angoumoisine, utilisé pour authentifier l’origine d’un papier. Silhouettes de canons produits par la fonderie Ruelle, de Ruelle-sur-Touvre. Ces canons étaient transportés par la Charente jusqu’à Rochefort, dans le but d’équiper les navires de la Marine Royale, et protéger entre autres les expéditions coloniales françaises. Exemples de pointes de silex retrouvées dans diverses fouilles archéologiques dans l’Angoumois, datant de 8 000 à 12 000 ans avant notre ère. 2025
Acier corten
198,5 x 264,7 cm
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Né en 1986 au Blanc-Mesnil (France), Julien Creuzet est un artiste visuel et poète franco-caribéen qui vit et travaille à Paris. Il entrelace activement ses deux pratiques par le biais de compositions de sculptures, d'installations et d'interventions textuelles qui traitent de sa propre expérience diasporique et de sa relation à la Martinique.
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JULIEN CREUZET
La chiromancie des eaux désirées (Charente), Silhouette d’une des premières représentations du manioc par un Européen, André Thevet, historiographe et cosmographe du roi, dans sa « Cosmographie universelle » 1575. Représentation d’un détail du portrait de Marguerite de Navarre par Jean Clouet. 1527. Maintenant une perruche. Représentation de système de gouvernail fabriqué par Naval Group. Représentation schématique d’un équipement de navigation, fabriqué par Naval Group. Détail d’architecture sur la porte d’entrée de la fonderie Ruelle, composé d’une ancre et de deux canons. Représentation de la bactérie Treponema pallidum, responsable de la syphilis, vue au microscope. L’origine exacte de la maladie reste inconnue. Une des hypothèses est que la syphilis a été transportée en Europe depuis les Amériques par les équipages de Christophe Colomb à la suite de l’échange colombien. 2025
Acier corten
318 x 154,7 cm
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En évoquant les échanges postcoloniaux transocéaniques et leurs multiples temporalités, l’artiste place son héritage passé, présent et futur au cœur de sa production. Ces sculptures ont été réalisées pour l’exposition « Eaux souterraines : récits en confluence » au Frac Poitou-Charentes en 2025. Il s’agit d’une co-production Frac Poitou-Charentes et Sentier métropolitain de GrandAngoulême – HUB-IN.
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JULIEN CREUZET
La chiromancie des eaux désirées (Charente), Représentation de face de la coque du Navire «L’invincible»: Vaisseau de ligne, fabriqué en 1666 à Rochefort, équipé de 74 canons, et résultat d’innovations importantes de la Marine française qui ont permis de faire face à la Royal Navy sur le plan maritime. Représentation du Régalec, ou roi des harengs, poisson des profondeurs mesurant entre 5 et 11m de long, cosmopolite mais très peu observé. Représentation satellite de la Charente et de tous ses affluents. Silhouette d’une des premières représentations de l’ananas par un Européen, André Thevet, historiographe et cosmographe du roi, dans sa «Cosmographie universelle» 1575. Représentation de l’herbe de Pétun, ou Grand Tabac, rapportée en Europe pour la première fois par André Thevet, de retour de son expédition au Brésil. Exemples de pointes de silex retrouvées dans diverses fouilles archéologiques dans l’Angoumois, datant de 8 000 à 12 000 ans avant notre ère. 2025
Acier corten
227,8 x 257,3 cm
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Julien Creuzet a puisé des dessins et des motifs dans les Archives départementales qu’il a ensuite fait découper dans des plaques d’acier corten. Il s’est inspiré de l’histoire du fleuve Charente et de ses liens avec l’histoire coloniale de la Nouvelle-Aquitaine pour réaliser trois grandes sculptures au sol.
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LOLA GONZÀLEZ
Mouradia, 2023
Vidéo couleur HD, stéréo
20 min
Édition 1 sur 5 + 1 EA
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Lola Gonzàlez est née en 1988, elle vit à Lisle, en Dordogne. Chaque film que fait Lola Gonzàlez invente celui d’après. L’ensemble dessine une obsession, comme un rêve qui n’en finit pas de revenir, nuit après nuit, et qui a son influence pendant le jour. Comme un rituel magique, les films de Lola Gonzàlez s’ouvrent sur ces jeunes gens tournés vers l’extérieur, vers le paysage. Sont-ils capables d’y voir un signe qu’iels interprètent tous et toutes de la même façon ? À chaque fois, un bouleversant synchronisme s’installe et crée une situation où la communication passe par les corps qui se frôlent et se touchent volontairement. Faisant écho par bribes de texte au film L'ambassade de Chris Marker, Mouradia est un film choral, tourné et improvisé en langue inventée. Des individus semblent s'être réfugiés dans une étrange bâtisse. Dehors, le monde est en feu.
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LOLA GONZÀLEZ & MALAK MAATOUG
Série de huit photographies de tournage, 2023
Tirage argentique unique
40 × 30 cm
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En complément de la proposition d’acquisition du film Mouradia, Lola Gonzàlez offre une série de huit photographies de tournage. Ces images, sélectionnées par l’artiste, constituent une archive pouvant accompagner de futures présentations du film dans un contexte d’exposition.
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LÍVIA MELZI
1888-2018 (météorites), 2023
Issu du projet « Musea Futuri »
Tirage argentique à partir de négative 4X5
90 × 120 cm
Edition 2 sur 5
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Née en 1985 au Brésil, Lívia Melzi vit entre Paris et Arles. Elle travaille l’archive, la mémoire et la construction de l’identité à partir de représentations quasi-documentaires. Elle interroge également de manière critique la production, la conservation et la circulation des images dans l’écriture de l’Histoire, notamment de l’époque coloniale.
“ La série Rescue Objects est littéralement une opération de sauvetage. Entre janvier et août 2024, soutenue par l’Institut Français et le Cnap, Lívia Melzi s’est rendue au Musée National de Rio de Janeiro, ravagé par un incendie en 2018, pour photographier des centaines d’items sauvés des flammes. Ce sont des images crues et directes, presque factuelles et documentaires, prises à la chambre. Elles se font le relais d’une pratique muséographique d’inventaire et d’identification, de production d’archives, alors que le musée a perdu près de 85% de sa collection qui comptait environ 20 millions d’objets, l’une des plus riches d’Amérique latine. “ - Margaux Knight
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ASAD RAZA
Absorption, 2019 – en cours
Installation in situ composée de néo-terre vivante et protocole gravé sur cuivre
Dimensions variables
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Cette œuvre fait partie d’une série d’œuvres majeures qu’Asad Raza intitule Metabolisms, et qui mettent en scène des échanges entre des corps, des matériaux et des environnements. Les Metabolisms ne sont pas des objets mais des processus – un processus qui absorbe des éléments du monde, les transforme par l’activité humaine et non humaine, et renvoie quelque chose de modifié à son environnement. L’œuvre ne représente pas un processus – elle en est un. Ce qui importe, c’est le cycle : apport, transformation, restitution.
Absorption est une œuvre dans laquelle des éléments du paysage, séparés par des processus industriels, sont recombinés pour former un néosol fertile, créé au sein de l'institution muséale et offert aux visiteurs pour qu’ils en fassent l’usage qu’ils souhaitent.
Il existe trois phases permettant l’activation d’Absorption : une phase préalable à l'exposition, consacrée à l'approvisionnement en ingrédients et à la formation des cultivateurs ; une présentation publique au cours de laquelle le néosol est fabriqué et distribué par des cultivateurs formés ; et une phase finale de distribution communautaire de tout le sol restant.
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ROJONEGRO
Tepalcates de sueños, frijoles rojos, 2022
Acrylique sur papier de coton
160 x 151 cm
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RojoNegro est un duo d’artistes composé de María Sosa (Michoacán, Mexique, 1985) et Noé Martínez (Michoacán, Mexique, 1986).
La pratique de RojoNegro entremêle mémoire ancestrale, langages du corps et technologies rituelles dans une perspective décoloniale. À travers l’installation, la performance, le son et l’utilisation de matériaux organiques, leur travail fait appel à des formes de savoir situées qui remettent en question les processus de colonisation et leurs effets persistants sur les corps, les territoires et les visions du monde contemporaines.
Cette série s'appuie sur la pratique des artistes – qui vivent ensemble depuis 2010 – consistant à répertorier et à partager leurs rêves. Cet exercice d'échange s'inscrit dans une recherche et une cartographie des continuités entre le monde préhispanique et le présent, des liens qu'ils cultivent tous deux comme des actes de guérison et de résistance face à l'hégémonie coloniale.
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ROJONEGRO
Tepalcates de sueños, uñas caracol, 2022
Acrylique sur papier de coton
167 x 138 cm
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Pour les artistes, donner forme à la fragmentation propre aux rêves est un acte à la fois de découverte et de préservation des traditions, un effort pour résoudre la dissonance entre les récits historiques dominants et l’incarnation de la mémoire.
Généralement ancrés dans la nature et guidés par des liens familiaux et ancestraux, les rêves de Martínez et Sosa constituent un index transgénérationnel de leurs lignées respectives huastecas et purépechas. Plus qu’une digression de la « veille », leurs rêves constituent un prolongement vital de cet espace-temps, où la connaissance s’acquiert et où la tradition vit.
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ROJONEGRO
Tepalcates de sueños, al pie del Patolli, 2022
Acrylique sur papier de coton
156 x 98 cm
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ROJONEGRO
Tepalcates de sueños, 2022
Acrylique sur papier de coton
167 x 138 cm
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SOFÍA SALAZAR ROSALES
Witness, 2025
Cuivre, granulats de verre, colle vinylique, fibre de verre et résine polyester
40 × 60 × 130 cm
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Sofía Salazar Rosales explore la manière dont les objets du quotidien peuvent incarner des récits sociaux, économiques et politiques, en particulier ceux liés aux migrations humaines et à la circulation mondiale des marchandises.
Witness est une œuvre sculpturale inspirée par les restes méconnus d’un fruit courant : la tige de banane qui reste après la consommation du fruit. Les bananes constituent la principale exportation de l’Équateur, où l’artiste est née et a grandi. Elle a magnifié cette forme souvent jetée pour en faire une sculpture à grande échelle, imprimée en 3D et électroplaquée en cuivre afin d’évoquer à la fois les processus industriels et la préciosité.
“Cette œuvre est un scan de l’une de ces tiges. Témoin silencieux du voyage entrepris par les bananes, dernier vestige de leur présence. Une trace de leur lien, du moment où elles poussaient ensemble, unies.” - Sofía Salazar Rosales
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LERATO SHADI
Seriti Se, 2015 – en cours
Installation participative et performance, peinture noire et blanche, pinceaux, rouleau, bac
dimensions variables
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Seriti Se est une installation participative et une performance de Lerato Shadi qui explore l'effacement historique des femmes noires en particulier et de leurs contributions dans les domaines politique, culturel et social. L'installation consiste en un mur blanc sur lequel l'artiste inscrit à la main les noms de femmes de couleur ayant marqué l'histoire, issus de recherches d'archives, sans fournir d'autres informations contextuelles.
La dimension performative de l’œuvre se déploie à travers la participation du public. Les visiteurs sont invités à s’approcher du mur, à choisir un nom et à le recouvrir de peinture blanche. Ce geste met en scène un processus d’effacement qui reflète l’exclusion historique de ces figures des récits dominants, tout en rendant ce processus visible. L’œuvre met ainsi en scène une tension entre inscription et effacement, présence et absence, et attire l’attention sur les formes de violence institutionnelle et quotidienne ancrées dans les systèmes de production du savoir.
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GHITA SKALI
What Remains, 2026
Vidéo
30 min 29 sec
Édition 1 sur 5 + 2 EA
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Ghita Skali est une artiste née à Casablanca et installée à Amsterdam. Elle utilise l’installation, la vidéo et la performance pour explorer la manière dont la fiction, la rumeur et les récits marginaux peuvent mettre en lumière les absurdités de l’autorité institutionnelle et du pouvoir politique. La vidéo What Remains, 2026 a été produite pour son exposition personnelle au 3bisf intitulée « Ce qui reste ce qu’on laisse ». Elle y développe un projet sur les objets et anecdotes qui restent ou adviennent après la mort de nos proches. Elle y aborde notre rapport au deuil et les tabous qui en émanent. L’artiste porte attention aux gestes rituels des vivant·es qui défient la logique et qui nous accompagnent.
À cette réflexion s’articule également une réflexion politique sur les déplacements des corps. Que devient un corps face aux frontières, aux cadres administratifs, aux lois excluantes et aux attentes culturelles ? Faire le choix ou non de retour au pays de naissance et les réalités matérielles qui le compliquent, le corps mort apparaît comme un espace de tension.
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THE RICE BREWING SISTERS CLUB
Cheopcheopdamdam Iyagigeuk: Mountain Storytellers, Storytelling Mountains: A Tale Theatre, 2020
Vidéo couleur HD, stéréo
16 min 16 sec
1 EA / 2 et 3 éditions
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Le collectif The Rice Brewing Sisters Club (communément appelé les « Sisters ») basé en Corée du Sud a été fondé en 2018 par Hyemin Son, Aletheia Hyun-Jin Shin et Soyoon Ryu. Leur engagement en faveur d’un travail collectif intensif vise à transformer les relations sociales. L’art minjung (terme apparu en 1983) a stimulé les débats sur la fonction de l’art et le rôle social des artistes. The Rice Brewing Sisters Club élargit cette philosophie pour aborder les urgences de la récupération et de la restauration nécessaires face à la crise environnementale et à l’extinction.
Le film Cheopcheopdamdam Iyagigeuk: Mountain Storytellers, Storytelling Mountains: A Tale Theatre a été réalisé en 2020 en étroite collaboration avec les habitants, les êtres vivants et les objets du village de Deokgeo-ri, à Bongpyeong. Le titre, qui pourrait être traduit par « Les conteurs de la montagne, les montagnes qui racontent : un théâtre de contes » met en scène des motifs autochtones et spirituels issus de la musique percussive, des masques et des paysages ruraux. L’œuvre entremêle avec humour acteurs humains et non humains, récits oraux et contes populaires.
